mardi 16 août 2011

Épîtres (entre autres) - Morceaux choisis, textes revlus & correctifés - août 2011






inutile prologue

Je suis chez moi ce soir comme un poisson-volant dans un bocal d'air liquide à sniffer de l'aspirine, assis à saisir des kilomètres de poésie pour l'éternité sans le moindre péage à l'horizon pour l'instant tout va bien je suis tranquille.

Soit vous n'aimez pas ma poésie soit, au contraire, vous allez me prouver que je suis un bon poète.

Moi, ma volonté exacte, c'est de la pâte à modeler, j'en fais ça que je veux. Un boudin, une boule, une galette surtout ce soir, je suis à plat.

Attendez un peu qu’elles remontent à la surface mes petites découvertes, mes petites bouées, mes petites bulles de paix... En voici une ! La moindre contrariété de m’anéantir, la moindre déception. Pourquoi je suis un être de déception. Pourquoi je m’efforce de plaire autant que possible à grands coups de pelle.

À mon âge d'Atlas, si je m'en débarrasse de votre Monde ! Dieu sait ! Je m'en vais le détruire à main nue, pas une miette subsistera ! Le jeter à bas le pulvériser, on va rire !... « tâche herculéonienne » tu parles ! bang big ! Du balai !

« Âme » ou « Esprit », bénévole lecteur, si votre ciel intérieur est gris, lisez ce qui suit, car, de même que le poète à l'origine est un créateur, de même le poète à la fin est un destructeur d'enfer ; car, par pitié, je n'épargnerai personne !


Première épître à Maître Alain Leliepvre du Mans

C'est le génie propre aux grandes peintures de faire couler inlassablement le robinet de notre regard, elles possèdent une sorte magnétique de pouvoir désaltérant. J'ai eu l'insigne privilège d'étancher largement ma soif en captivité, si j'ose dire : Vos oeuvres, cher Maître, sont aptes à supporter la pression d'un milliard d'yeux insatiables au millimètre carré. Si l'on pouvait convertir le pur plaisir esthétique en électricité, le moindre mouchoir de poche peint de votre main, pourvu qu'on l'exhibât, suffirait à éclairer Paris jusqu'à Los Angeles... Si l'on pouvait, avec vos peintures, couvrir tous les murs de toutes les villes d'Europe et de Navarre, chacun pourrait boire directement à la source irrésistible que je cause.


Deuxième épître à Maître Alain Leliepvre du Mans

« La peinture, écrit Léonard, est une poésie qui se voit » dit Andy Malraux, comme la musique est une poésie qui s'écoute sans doute. (J'ajoute que la Beauté ne se boit pas seulement à l'oeil et à l'oreille.) Ici, l'inexprimable qui nous transporte nous transforme en chair à pâmoison tant vos oeuvres grouillent, cher Maître, dans tous les sens d'émouvantes figures. C'est toute la peinture qui est votre destin – va à la peinture – votre dessin est en même temps, pardon, un dessein. Le destin de votre peinture est le destin de la peinture.
Je le sais autant que je le souhaite, car je suis prophète.


Troisième épître à Maître Alain Leliepvre du Mans


Sans parler des figures, Maître, de la science propice de vos draps – on dirait encore des corps –, n'importe lequel de tous ces malencontreux froissements fait sens, la moindre marque ou pliure accidentelle du support, chacune de ses micro-déchirures se trouve prise ou comprise dans le tracé même du dessin – le geste et le papier se confondent donc c'est voilà, il me semble, toute l'harmonie, divine – comme quoi vous obtenez du hasard tigré qu'il passe avec grâce par le chas étroit de votre aiguille.

Oh ! J'entends croasser, heureux présage, des corbeaux chinois sous les ailes de coton de vos colombes ! Dans le détail de vos oeuvres, haruspice bientôt, c'est l'Avenir que je devine !


ANARKITSCH IN THE W.C.
Une certaine frivolité monstre, royale, bouffonne, braillarde, franche, écorchée, arabesque, alambiscotée, abstraite même – Je la dépose entière ma peau (fine fragile allergique) de bravache sur la table – Une liberté pas seulement de ton élégiaque & grotesque extrême, que je cause, mais de langage, mais bon, toutes les inventations impossibles et inimaginables sont dans la Nature (aucune vanité ou presque) – En lutte pour la joie, en principe lorsque j'ai terrassé le dragon bleu-noir de l'Angoisse, j'affronte les démons gris souris du Stress (hum... je ne sais pourquoi soudain je pense aux deux skinheads qui sont passés dans ma rue hier soir, le premier a dit au second : « Ma parole, tu habites dans cette rue, tu pètes les plombs ! »), etc. – Le Nouveau Roman m'a tuer (là, c'est la littérature française qui s'exprime) ; « … j'ai mal géré mon enthousiasme au niveau des chèvres », concède la candidate ; « … et comme il n'y a plus ou moins de poissons dans la mer, le poulpe est à la mode », admet le jeune homme (journaliste)... – Vous vous demandez sans doute chaque soir comme tout le monde, je suppose, où va dormir le soleil ? – Il se couche dans ma rue, il plonge dans ma tasse de rhum.

Épître à « Fatty Flowers »
SOLIDARITUDE : personne s'en fout chacun dans son coin, selah ! – « Estime-toi heureux ! Estimez-vous heureux ! », qu'ils beuglaient soi-disant là-bas... à notre Eldorado à la dérive pour ne pas dire « de la Méduse » qu'ils pensaient. – Seulement Mademoiselle, une fois retournée, la chaussette de la jalousie ne crougnoute pas moins. Ouiais je suis né en France et nan, la chance n'a rien à voir là-dedans : PURE FICTION, la pure fiction est un péché – En ce moment je regarde (tous les soirs) « The Truman Capote Show » à la télévision : Ce qu'il ne sait pas ne peut pas lui faire de mal, a répondu bien justement hier soir Big Junebug à Truman, en parlant de son confesseur, et j'ai noté. – « Estime-toi heureux ! » ou quoi donc, petite donneuse ? Donneuse ni d'ovule ni d'organe ni de sang mais de belle et bonne leçon de morale par correspondance, méchante petite donneuse d'ordre exotique à la gomme, raconte-moi un petit peu de quelle espèce de solidarité suprahumaine tu parles, ma poulette ? Je ne suis plus du tout jamais autorisé à me plaindre de ma société ni à me battre contre elle, ni surtout à la comprotester sinon quoi ?... « Comparaison n'est pas raison » ne veut pas toujours rien dire, merde ! – Comme cela ne suffit donc plus qu'on vuide et qu'on finisse, et qu'on essuye et qu'on superpourlèche son assiette écoeurante jusqu'à l'os, à l'Ouest, il faut encore que notre merde aussi possède un léger goût moelleux de noisette ? peut-être ! – Chrême ! – C'est comme les pauvres de s'en prendre plein la tronche, le pape, ce parrain d'honneur de la mafia à bonnet d'âne cousu d'or, ce courtier d'assurances satanique sa mère qui prétend sortir de la cuisse de César A-T-IL FINOUI OU NON DE SE BRANLER ? Combien d'argent qu'il possède à la banque, lui ? Assez au juste pour sauver combien de fois l'humanité et le reste ? Dans ses coffres et dans ses caves ? – Il vaut mieux sans doute entendre « Estimez-vous heureux ! » que d'être sourd, mon avis ! Mademoiselle Candide, votre ignorance en diable est touchante ! En effet, l'injustice et la cruauté, la terreur, les milices, représailles, filatures, etc., la prison et le chômage, la misère, la corruption, la propagande, l'esclavage, la pollution, la cupidité, la haine, le dégoût et l'espoir, la violence, absolument tout ici est empoisonné moisi comme chez partout, comme chez vous ! Comme chez vous ! Paradisneyland que vous croyez ?! Mais vous rêvez ! Trop large ! Trop loin ! – Hélas, Mademoiselle Candide ! Fuyez, si possible, au lieu de rêver ! Mais laissez-moi résumer en une phrase ce que je veux vous dire :

Bienvenue en France !


Résignez-vous !
Les hortensias, regardez les hortensias ! Contemplez n'importe quoi pendant cinq minutes. Le lâcher prise par excellence, c'est le songe éveillé. Au lieu de souffrir de crainte de souffrir, vaut-il pas mieux lâcher la proie angoisse tout de suite pour n'importe quelle « ombre » de passage ? Foncer dans un mur de flammes bleues ou de flotte ? – Contemplez, je vous en prie, n'importe quoi pendant cinq minutes, la pièce où vous vous trouvez, abîmez-vous-y franchement jusqu'à éprouver le poids de votre regard précis sur chaque objet (« L'oeil, la balance » ai-je noté dans mon cahier).

Hier matin, des maçons-charpentiers ont oublié un robinet D'EAU POTABLE dans le jardin de mes voisins pendant au moins une heure et demie ça a coulé à fond pour rien. Le bruit exotique de cet invraisemblable gâchis de flotte, dans l'allée pavée d'ardoises, en plein milieu de l'été, c'était tellement rafraîchissant et apaisant que j'ai rien dit. Même pas bougé.

Les hortensias m'ont imité.


Voilà le célèbre critique littéraire Alain Finkielkraut dans de beaux draps

Quand il parlait littérature ou éducation, il ne disait pas que des conneries ; mais alors son point de vue sur l'art, sur la politique... je ne vous raconte pas ! (J'emploie l'imparfait à cause de sa présumée complicité intellectuelle dans les attentats en Norvège : je suppose qu'il sera jugé et condamné comme Céline, comme « pousse-au-crime » y a pas de raison.) Grand chiffonneur de paires de lunettes... J'aimais bien, par exemple, son émission sur France Culture. J'aimais bien ses passages ahuris, frustrés, à la télévision. Sa verve. Sa véhémence. Son esprit. Ses extases. – Tant pis pour lui s'il n'aimait pas les Freaks, le cosmopolitisme, l'art dégénéré, le métissage, les immigrés musulmans et les pauvres... « Tu as hurlé avec les loups contre John Galliano, maintenant chacun son tour, vlan, c'est bien fait », ce que je pense !


Épître au rascal
Bien sûr que je vais finir au Ministère de l'éducation nationale. Je vais même finir avec lui. Après moi on ne parlera plus que de Finistère de l'éducation nationale. Mais bon, faut déjà que je devienne IPR (inspecteur pour rire).
L'élan formidable du coyote, mon cher Pascal, fait courir l'animal à langue pendante longtemps après que le plancher a cédé sa place au plafond des vaches... Pardon pour le style, je me réveille... Le coyote qui court dans le vide, donc, c'est la poésie. Ou la tragédie en alexandrins. Ou le latin. François Ier lui-même jugea désuète la langue de Virgile. Grâce à Dieu et surtout à Voltaire, qui se prenait, le pauvre, pour Racine (quand c'était pas pour Ronsard), cela fait 250 ans qu'on ne compose plus de tragédies classiques en alexandrins. La poésie versifiée, ça fait 3000 ans qu'elle court, donc pas près de s'arrêter. Un bon siècle déjà, à mon avis, qu'elle confond lignes d'horizon et d'arrivée. Qu'elle choit.

La poésie versifiée vient de la chanson, elle est retournée à la chanson. C'est comme nous avec la poussière : Bonnefoy, Noël, Roubaud, Deguy, Grosjean, Meschonnic, c'est du latin pour les Chinois. D'ailleurs, le roman n'est pas mieux... Qu'est-ce qu'un roman, aujourd'hui, sinon un scénario honteux qui n'ose pas dire son nom ?


Épître au miroir de poche


« This is the first day of my last days » T.R.

Mon ami cyclope d'orgueil, shérif,
oublie pour commencer que tu penses ou bien fiasco,
c'est ta propre imagination que tu avales
de travers.

Fous-toi ensuite la sublime musique théorique au cul,
et toute.

Cherche plus haut,
perce un trouve dans le toit,
et brille.

Quand le Malheur vienvoudrait dicter sa loi,
tu les lui pètes toutes, les dents, très officiellement
avec ton étoile.

Quand le Malheur arrive,
c'est toi tu l'étrilles
ou pas le choix.

Le doute de soi est un cancer psychique
comme la foi.


Système Doute
La peur, par nature, est passive ;
or, passer n'est pas vivre ;
donc non nous n'avons pas peur
des points-virgules non plus
on les encule.

Contrairement, c'est moins nous de la pollution mortifère
qu'on a peur que vous
des conséquences cruciales qu'on pourrait en tirer.
Une catastrophe ne chassant pas l'autre, ça s'ajoute,
et je prie Dieu de croire à toute
la poésie qui est en mon pouvoir
que ça déborde.

Contrairement, encore, c'est
cent fois moins de nouvelles centrales jucléaires
(faute de petite frappe bah je vous la laisse)
que de vaisseaux spatiaux
spacieux
qu'on haaaaa mon avis besoin, et vite !!



3G

La figure de proue de l'humanité, c'est l'écolier ; l'empreinte originale du présent, sa face diabolescente étrange.
On le dirait parfaitement débarbouillé au jus d'époque concentré, son visage.
Et ses yeux disent : « Toutes les conditions seront bientôt réunies pour que rien ne change. »


Toutes les guerres ne sont peut-être pas perdues d'avance pour tout le monde, mais bon...

Dieu est « Super grand-père », un gros sympathique vieillard barbu chenu avec des lunettes rigolotes, qui aime beaucoup les enfants, de rouge et de blanc toujours vêtu, et tout. Et les êtres ne meurent pas, ils jouent à cache-cache. Même que quand on meurt quand même, on devient un ange espiègle, une sorte d'elfe avec des pouvoirs magiques, et que quand on pète en plein vol la nuit, ça fait des étoiles filantes pour les vivants qui s'ennuient.
La mauvaise foi est un pléonasme ; or je l'ai dit et répété sur tous les toits plus ou moins photovoltaïques de la planète, c'est pas joli joli de malhonnêtre. Donc les lâches préfèrent le douillet mensonge de la facilité au précipice abrupt de la vérité. Selon eux l'horreur absolue d'un monde sans queue ni tête est incompatible avec vivre. Ils récusent l'absurdité universelle méchante empêcheuse de danser en rond. Le chaos lui-même leur est une forme supérieure de bon ordre. Bref, ils entretiennent tendrement la flamme en carton de la superstition.

Nous avons essayé de le prendre au sérieux jusqu'ici leur sentimentalisme – peine perdue ! Essayons voir de le prendre un peu à la gorge pour changer !




Guerre défensive, représailles d'ivoire

C'est le miracle inutile de leur conscience qui éblouit les plus faibles d'entre nous jusqu'au trognon. Les prières détruisent électromagnétiquement les neurones, c'est prouvé. La foi est le cancer de la pensée. L'informe, chacun doit l'affronter à mains nues. Il n'y a pas de « pelage du jaguar » qui tienne. La pureté est un péché. Croire en Dieu est un péché mortel. Croire en Dieu est l'acte pur et impur par excellence, le plus grand gravissime crime contre l'esprit, la meilleure preuve d'imbécillité irréfutable. Pourquoi ne pas s'enterrer vivant dans un cercueil biodégradable, pendant qu'on y est ?


Rock'n Symbol
À chaque coup ou presque ça ressemblait à une heureuse surprise d'otages au-dessus des chères têtes de linottes les « balles » elles filaient – Bang ! Bang ! Bang ! pendant une heure, ça n'arrêtait. Comme si le prof de philo faisait cours avec un flingue pour pulvériser les moindres particules de laideur en suspension dans sa classe, sauf que c'est son cerveau illumineux en personne qui appuyait sur la gâchette sensible : « On fera bien bouillir l'espèce humaine dans son propre sang avant de commencer à discuter. Les commerçants, les premiers, seront questionnés jusqu'à ce qu'ils abjurent merci. On leur ôtera la manie de vendre. Et les bigots, pour l'exemple, seront ressuscités avant que d'être torturés à la mode de Caen. Je m'y engage. On n'écrira plus seulement des haïkus comminatoires sur les billets de 500 euros. On ne se contentera plus de brûler l'effigie d'Iphigénie par les deux bouts en attendant que repasse l'orage... On sonnera la charge royale ! On écrasera tout l'Infâme et le reste, mes chers élèves, je vous le garantis, on en fera du beau pâté de mauviettes ! » expliquait Socrate...


James Coburn ½
« Tout le monde pense que je suis un marin c'est marrant j'ai grandi près d'un circuit automobiles... Le bruit des bagnoles, pour moi, c'est comme le bruit des vagues... Les motos qui arrivent de loin elles échouent ou passent toujours brusquement une fois à ton niveau... Elles passent et repassent sans cesse... Enfant, hélas trop petit pour m'en désapercevoir, je croyais vivre au bord de la mer... »


Épître au « Petit Prince » des ténèbres
Cher fidolâtre lecteur, ange gna-gna, pseudo-imitateur ou pâle confrère, insecte blessé à mort, je crois que je commence à te bien connaître dans le genre saignant ma petite coccinelle.
Ta faiblesse herculéenne, je la respecte. Moi aussi tous les membres de ma famille royale sans exception ont péri (Saint-Exupéry exauça ma prière) en petits morceaux grillés à sec dans un accident d'avion lorsquand j'avais seize ans, dévorés par les méduses velues de l'Océan Pacifique comme de vulgaires beignets de cacahuètes. Dégustave Flaubert qu'on m'appelle.
Ramasse, un petit conseil avant de disparaître, tes plumes de toutes tes forces rassemble ce qu'il reste.



Je repense au “pourquoi ?” de l'autre fois...

Finalement ça me démange trop d’y répondre : Couillon mon ami, ça ne te regarde pas une seule seconde de me poser des questions. Et quant au “snob dédain” de mon “arrogant génie”, pendant que j’y suis - je ne parle pas du dédain lambda des lampistes, je parle du dédain officiel, infini des zéros pointus qui sont aux manettes : Le jour se rapproche où je marcherai sur vos petites têtes d'épingles à roulettes, à l’aise, c’est pourquoi donc je vous préviens, retournez votre veste à franges pendant qu’il en est encore temps.



Mon pirate des Caraïbes

Entre 45 et 55 ans, Erskine il se faisait appeler. C'était peut-être son véritable prénom après tout. Je mesurais deux têtes et demie de plus que lui, j'avais l'air à l'époque d'un junkie obèse en cavale, d'ailleurs je ne faisais pas qu'avoir l'air, je pesais au moins 95 kilos (lui, moins de 50), je portais barbe rousse, lunettes de mouche à merde, chemises boliviennes, épingles à nourrice et tout, je me souviens très bien, un boa d'autruche autour du cou, des bagues à tous les doigts, j'avais passé mes cheveux en brosse à l'eau de Javel, puis à l'eau à 90° parce que je m'étais planté, mais c'était lui le terrible. Inutile d'insister qu'il faisait très peur aux jeunes enfants, et pas seulement je ne parle pas des tatouages, des cicatrices, des dents en moins. Je parle de sa voix fêlée, de son larynx rouillé, de ses poumons pourris, de sa peau usée, de ses cheveux sales. De son rire très abîmé. Je parle de son regard, à la fois vitreux et perçant, d'illuminé des îles. Il avait des mains de tueur en série illimitée. Il sentait des pieds (jusqu'à la tête). – Erskine travaillait rarement, pas besoin. Il vivait en effet grassement du trafic de chips comme Crésus. C'était moi j'étais son principal client avant son départ beaucoup plus soudain que prévu (aller simple, 1è classe), il y a neuf ans, pour le Mexique. Je lui achetais des dizaines de paquets de chips toutes les semaines, tous les mois. Une fois, je lui ai même acheté des chips à la menthe. Les transactions, on ne pouvait pas mieux discret, avaient lieu chez lui. Erskine vivait seul dans un appartement minusculet, avec des chiens, des chats et d'autres animaux imaginaires. Un perroquet Coco fantôme sur l'épaule. Des piles d'assiettes dégueulasses dans tous les coins, ça faisait des super cendriers (Des petits buissons aztèques vénéneux occupaient les vrais cendriers). Il possédait autant de boîtes de pizzas vides et de magazines porno que moi de bouquins. Vautré face à la télévision géante, dans son informe canapé des années 1980, un verre de rhum Charrette à la main, il me faisait penser à Robinson Crusoé dans son hamac face à la mer. Je n'apercevais que le sommet encombré de son réfrigérateur (je ne pouvais qu'essayer de deviner ce qu'il branlait lorsqu'il s'activait derrière son bar de cuisine), mais je savais à coup sûr, quand il l'avait ouvert, que le moment était venu de se défenestrer à cause du parfum instantané de Camembert au lait cru irrespirable qui empoisonnait la pièce. (Le parc Bernard, vu du 10è étage, manquait cruellement d'arbres, triste comme tout ce qui est à moitié chauve avec une moustache.) Invariablement, après au bout de cinq à dix ou quinze minutes d'aimables salamalecs, Erskine me demandait : Combien ?

Pas difficile de deviner que l'ermite celait les précieux paquets de chips dans le faux-plafond (caisson en frisette, à mon avis) de sa chambre à coucher, une pièce inaccessible où il se retirait un bref instant avec ma réponse, en répétant à voix haute le chiffre de ma réponse. Je ne vois pas pourquoi d'ailleurs il aurait caché ailleurs ses liasses de billets de banque. – Mais non, je ne sais au nom de comment ni pourquoi une de ces putains diaboliques qui lui suçaient la bite à l'époque n'a pas pillé sa cachette de Polichinelle – car le loustic possédait en lingots d'or apparemment de quoi acheter une belle petite île tropicale, si j'en crois le recto, le verso, et surtout le timbre à son effigie de ses dernières cartes postales !







Mais où sont passées les clés de mon bulldozer ?

J'ai envoyé mes tapuscrits avec de l'anthrax à tous les "José Corti" de l'annuaire. J'ai pris six mois ici le petit-neveu Kévin Gallimard en otage. J'ai menacé toutes les maisons d'édition de Saint-Germain et prés à l'entour, je leur ai envoyé à chacune : des oeufs pourris, du poisson tous les vendredis, des lettres anonymes, des cercueils et d'autres petits cercueils encore pour leurs petits-enfants... J'ai tout essayé, personne n'en veut de ma camelote ! Personne ne tient à m'acheter ma poudre « 100% François Rabelais » ! Ma poésie au kilomètre ! Mais toi peut-être, toi mon pote, tu n'as qu'à m'en acheter cinquante ou cent, des povoimes, allez, je te fais un prix... 1000 euros et cent povoimes inédits rien que pour toi RIEN QUE POUR TOI !!... 950... 900... 850 putain dis qqchose... 800, c'est donné ! Va pour 800 ! Attends ! Je cherche mon adresse dans l'annuaire... Merde ! Zut et flûte ! "Jonas Gunzoni" merde c'est pas dans l'annuaire !


PAROLE DE PSYCHONAUTE


Une déception abyssale, mes chers compatrouillotes, je ne parle pas de l'époque mais bien de vous, mes soi-disant semblables !

Pantins crétins grands dégueulasses devant l'éternel ! Ignobilissimes petits trous du cul d'électeurs d'élite illettrée ! Sous-rats ! Gueux ! Fi ! Fi !

J'espère qu'une seule chose rose de l'avenir à vomir que ça vous pète au nez, de vous endormir la bouche pleine de votre ignorance, haine mesquine, mauvaise méchanceté, glouglou chauvin hyperstitieux, ouf ! d'en crever ! Adieu nains minusculets ! Etouffez-vous ! Entretuez-vous, par pitié !

C'est ma solitude titanesque qui vous parle ! Elle vous chasse !... L'entendez ? L'entendez pas ? Elle vous congédie ! Elle vous ordonne : DIS-PA-RAI-SSEZ !

En résumé : Chacun, maintenant, va gentiment retourner la tête la première dans le cul de sa mère... ou bien faut-il que je m'en charge ?

*

Rien de plus ignoble que la normalité dans un monde pareil la normalité c'est justement la laideur indélébile qui fait depuis trop longtemps trop de dégâts, une farce bavarde. Un crime stupide. La normalité est un monstre qui s'ignore. La normalité est un million de fois, cent millions de fois coupable. La preuve par l'Exemple fusillé, Monsieur R*** lui-même, je ne peux pas m'empêcher de repenser à ce confrère grotesque de l'année dernière, mi-roquet snob mi-perroquet à fausse perruque de coq – ou plutôt de chapon –, un champion inter-cantonal de mots croisés reconverti Professeur de français qui ne parlait qu'en périphrases mièvres mielleuses éculées. Sa foi pas seulement dans les lieux communs, à ce pâle tocard, était absolue, inébranlable autant qu'inénarrable. Merde ! et sa bêtise d'autant plus toxique que ce gros fat croyait sincèrement à l'énorme mensonge de sa probité, de son intelligence, de son professionnalisme, et tout ça... Bah je ne peux pas m'empêcher de le maudire, merci, cet imbécile qui me donne encore aujourd'hui envie d'écrire de tout démolir.

Diogène sulfurique (s kiss d'un dépaysan)

Pas la peine, j'ai pris l'initiative de naître – Tout va bien avec un grand sourire DIEU est sans doute un lapsus pour HOMME qui aurait pu être évité – La perfection !! (Deux bagnoles de flics dans le fossé. Bouteilles d'eau à vendre sur le trottoir.)
La perfection est de ce monde, c'est comme l'infini, ça me connaît, comme l'éternité. « Pas de ce monde » n'a pas de nom.
Ouiais !! Il se croit sans défauts celui qui n'a jamais rien à reprocher aux autres, et il a bien raison... (Clops et mini bouteilles d'eau à vendre à tous les coins de rue.)
Et elle ? Et elle, elle passe son temps à lire le dictionnaire et à répéter que tout va bien avec un grand sourire « en se cassant la gueule par terre dans les turbulences » !

Là, elle se filme en train de bouffer des tomates mortelles « dans les deux sens du terme » (à l'arrière-plan, un mariage orthodoxe bruyant). Chaque habitant peut cultiver chez soi jusqu'à 50 kilos de tomates de Crimée, et envoyer le surplus au pape s'il le souhaite. Le but de la vie : apprendre à vivre. C'est tout. « Ici on s'en bat les couilles de l'écologie, on jette ses papiers par terre. »

L'ombre de la bergeronnette aura séché avant le passage des premiers balayeurs.

Bof
La cathédrale a sonné aussi discrètement que possible deux fois deux notes, les mêmes petites notes, je ne sais plus lesquelles, pendant que je sirotais mon premier café noir brûlant à la fenêtre, c'était très chantant, très mélodieux, puis, ensuite, très vite, moins d'une minute plus tard, un seul coup sérieux : huit heures et demie. Flap-flap de trois quatre pigeons gris craintifs. Je suis allé dans la cuisine me chercher un paquet de chips. La journée ne pouvait commencer plus proprement, plus nettement. Café, chips & cigarettes. Le ciel était d'un bleu d'enfer. La rue était vide, pas un chat. Pas une bagnole. Pas un nuage. Pas même une bulle de savon. Quel calme ! Il ne pleuvait pas, ou alors une pluie d'or tellement finasse qu'invisible : la lumière du matin. Si on biaise, on peut des fois entrevoir qu'elle n'est constituée que de poussière blanchâtre en mouvement, la lumière, de cette poussière stellaire que les Chrétiens méprisent tant. Pour eux le mot « poussière » est ni plus ni moins synonyme de « néant », de « merde »... C'était, bref, l'une de ces journées royales pour faire le ménage. Je pensais un peu aux miettes de chips. Il ne pleuvait pas, cependant il avait plu au cours de la nuit. La température de l'air était fraîche. Nul vent. Contrairement aux trottoirs tout en bas déjà rasés de près, lisses, peignés, parfumés et cravatés, les toits de la ville semblaient en retard pas tout à fait secs, un peu endormis, mous, certains traînant encore en pyjamas à paillettes... Ce qui me ramenait inévitablement aux miettes de chips, et, par voie de conséquence, à l'aspirateur. Je bâillai. Je m'avisai qu'il était beaucoup trop tôt pour déclarencher une tempête ou la guerre.
Finalement, quand le téléphone a sonné, deux heures plus tard, vers dix heures vingt, j'ai émergé ou plutôt rémergé du canapé. Les voix, les bruits, surtout de moteurs et de portières, la rumeur de la ville, tout était revenu, tout était redevenu actif. J'ai eu peur. J'ai senti une piqûre dans le bas de mon dos, ou plutôt une morsure de dents de chips... Il y en avait vraiment partout ! J'étais en sueur ; mon crâne, je croyais qu'il allait exploser. Finalement la journée avait commencé sans moi, et elle n'était pas aussi charmante que prévu. Je suis retourné alors dans la cuisine me chercher un deuxième café dans un demi-verre à moutarde de rhum.

jeudi 2 juin 2011

Hâve been


Sa lumière de plus en plus chaude embrase avec deux « s »
La grand' place de Lille,
Je commande une autre Leffe
Au soleil.

Terrasse. Moment muet, pour moi, de nouer entre eux les fils des conversations circonvoisines... Je rêvasse... regarde tranquiloucement s'écouler le fleuve des passants... Oh ! Un poète !

Tout de noir vêtu, sac à dos « Hamlet », barbe de cinq jours, recueil de poèmes à vendre à la main – ô regard fuyard, ô visage pâle ! – ô surtout bave solide aux lèvres ! Le jeune homme s'approche, l'aspirant sous-Rimbaud des poubelles, il tremble, on dirait qu'il n'a pas dormi depuis des années mangé un radis non plus ma parole... Il n'a jamais été aimé !

Joachim, qu'il se prénomme. Il prétend.

– Joachim ? Ça me tombe très très bien, jeune homme, j'ai rendez-vous avec du balai ! (prodis-je)
– Vous ne voulez pas jeter un coup d'oeil... à mon recueil ? (qu'il me répondit-il)
– C'est inutile.

(à suivre)

lundi 30 mai 2011

Secret de Polichinelle à chier


Inutile de travailler, il suffit de se promener
en ville
on trouve de tout assez :

briquets,
mégots,
monnaie,
liasses de billets
&
doux
& tout : drogues, bijoux, trousseaux de clés
ouvrant des coffre-forts blindés
de lingots...

Il suffit de se balader au bon endroit au bon moment, je vous dis.

samedi 28 mai 2011

Méthododologique, comme je te dis

fais le
vide
&
compose-le
dans ta tête
ton
poème A
pour
allonge-toi
pour commencer
allonge-toi
&
fais-le
&
tais-toi

n'écris rien, ferme les yeux,
le sommeil vient

soudain tu vois
de quoi
des tibias, un tas de tibias,
des milliers et des milliers de tibias assez pour dessiner
au sol un immense soleil
seulement
visible
du ciel mmm
le sommeil mmm
voilà

d'un oeil Dieu
mon mignon
je te surveille
tu peux dormir
sur tes deux millions
d'oreilles
inutiles
tranquille

un cercle radieux,
un poème vient

voilà
réveille-toi.

jeudi 5 mai 2011

33 ans et demi et des poussières


Oh vous savez l'univers
c'est beaucoup trop d'étoiles
pour mon étroite petite
boite crânienne

Et la surpopulation terrestre me fait une belle jambe, je n'ai que dix doigts.

Parlons du monde à la 1è personne.

Ne parlons plus des antipodes, des gens, de demain, de Dieu, d'ordre, d'espèce humaine.

Merde à la souffrance ou pensée
incontinente – L'esprit doit
réapprendre à serrer les fesses et fort.
Et mieux vite que ça.

Force nous est de jouir
naître vivre mourir
comme l'arbre
à l'aune de son ombre.

Advienne que pourri,
j'invoque la joie.

samedi 16 avril 2011

Neutre humain

Orgueil pour orgueil à deux cents pour cent –
Venge-toi, ô mon étoile musquée !

Mon destin ressemble fort à ma vieille veste invulnérable d'aviateur fauve d'an 40 ou 50 trop grande pour moi, trop lourde : un cuir écaillé doublé de laine épaisse de cheval, et qui schlingue bon :
     - l'étable
     - la pisse de chaton indélébile
     - le tabac froid.

J'empeste, donc je fuis.

samedi 9 avril 2011

mon petit poème dans ta grande gueule

Épître au miroir de poche


« This is the first day of my last days » T.R.

Mon ami cyclope d'orgueil, shérif,

Oublie pour commencer que tu penses ou bien fiasco,
c'est ta propre imagination que tu avales
de travers.

Fous-toi ensuite la sublime musique théorique au cul,
et toute.

Cherche plus haut,
perce un trouve dans le toit,
et brille.

Quand le Malheur vienvoudrait dicter sa loi,
tu les lui pètes toutes, les dents, très officiellement
avec ton étoile.

Quand le Malheur arrive,
c'est toi tu l'étrilles
ou pas le choix.

Le doute de soi est un cancer psychique
comme la foi.
 

vendredi 18 mars 2011

Système Doute


La peur, par nature, est passive ;
or, passer n'est pas vivre ;
donc non nous n'avons pas peur
des points-virgules non plus
on les encule.

Contrairement, c'est moins nous de la pollution mortifère
qu'on a peur que vous
des conséquences cruciales qu'on pourrait en tirer.
Une catastrophe ne chassant pas l'autre, ça s'ajoute,
je prie Dieu de croire à toute
la poésie qui est en mon pouvoir
que ça déborde.

Contrairement à ce qui est dit, encore,
cent fois moins de nouvelles centrales jucléaires
(faute de petite frappe bah je vous la laisse)
que de vaisseaux spatiaux
spacieux
qu'on haaaaa mon avis besoin, et vite.

mercredi 9 mars 2011

Seconde épître à DSK


Monsieur le président,

D'abord prendre aux riches pour donner aux pauvres, ça ne me paraît pas si tellement trop compliqué faut pas déconner. D'abord les patriotes nationalistes doivent être immédiatement déchus de la nationalité française, et bannis ; les partisans de la torture, questionnés et roués en place publique ; ceux de la peine de mort, guillotinés. Mais nettoyer ce pays au sens propre, c'est d'abord substituer aux armes à feu de nos soldats : des balais, des pelles, des tondeuses à gazon, des sacs ; c'est leur faire passer les Alpes et les Pyrénées à la serpillière, les petites rivières et les grands fleuves au peigne fin. Récupérer tous les déchets sans exception au fond des étangs, des lacs, des mers, des impasses en général. Décrotter. Tailler. Raser. Frotter. Aspirer. Ramasser. Épousseter chaque rocher, chaque borne, chaque fleur, chaque animal domestique ou sauvage. Brosser tous les panneaux de la circulation routière comme des chicots de haut en bas. Décrasser pas seulement sous les ponts, les toits sous les ongles, les cheminées et les enseignes, les façades et les fenêtres au gant de toilette, les arbres entre les doigts de pied jusqu'à la pointe parfumée des antennes. Fin juin 2012, au moment de l'abolition de la Fête de la musique, notre littoral devra étinceler autant que nos trottoirs ; nos montagnes resplendir autant que nos campagnes. Donc commencer en fait dès le mois de mai, dès le lendemain de votre victoire, par quintupler les effectifs de l'armée en recrutant des prisonniers et des chômeurs volontaires, qui bénéficieront ensuite, au cours de l'été, de formations intelligentes en tous genres. Mais avant tout d'abord il convient de mettre en oeuvre la reconversion professionnelle des caïds en honnêtes commerçants, grâce à la légalisation du cannabis. Mais avant surtout d'abord, mon cher Dominisque, merci de proscrire les écrans des chambres d'enfants.

mardi 8 mars 2011

Épître à DSK


Monsieur le président, cher Dominisque,

Inutile de commencer par te vous rappeler ce que vous savez déjà : 79,99% des citoyens parmi les plus âgés de ce pays envisagent de voter pour Nicolaz et surtout pour Marie-Jeanne d'Arc en 2012. Une canicule cet été, même de grande ampleur, n'empêchera rien, c'est au moins cinquante tremblements de terre Nice-Monaco par jour qu'il faudrait pour éviter l'iceberg sénile. Ou bien alors peut-être une tournée de Yannick Noah dans les maisons de retraite, les salles d'attente et des fêtes, les hôpitaux, les cimetières, les clubs de pétanque ? Certes, Marie-Jeanne possède un tel miraculeux don pour éveiller et animer l'ordure qu'elle saurait obtenir d'une bouse de vache un authentique soupir d'aise. Au son de sa blonde flûte, les étrons obéissent comme serpents à sonnettes. Ils n'ont pas tous 90 ans, d'ailleurs. Et tous ne vivent pas sur la Côte-d'Azur non plus. Mais bon, ce sont les vieux richards catholiques surtout-d'abord qui oseront ce grand geste désespéré (que nous interprétons comme un bras d'honneur) parce qu'ils regrettent à la dernière minute de nous laisser les miettes sales d'un monde en ruines... Les pauvres vieux ! Ils votent pour la France blanche agricoolique de leur enfance ! Pour saucisson et picrate ! Trop tard ! Il est donc bien temps qu'ils crèvent et vite, s'ils ne peuvent comme Fernandel renaître Jamel ! Place ! Ce sont tous les frustrés jaloux bornés malveillants violents amateurs tricolores de porno-bagnoles de sport, ensuite, les grandes gueules moustachauves des campings, les CRS, les camionneurs, les pêcheurs et les chasseurs qui plébisciteront Marie-Jeanne. Les éleveurs de porcs qui nauséabondent dans son sens ! Les poivrots comme les pédégés ! Les mâtons ! Les contrôleurs ! Les garagistes ! Les pâtissiers-coiffeurs au chômage ! Les femmes moyennes, de plus en plus nombreuses, voient en elle la maîtresse de Mars au pouvoir, une sorte assez virile de Marianne à cheval ou de Vierge Marie en armes.

Or j'ai l'honneur, Monsieur le président, cher Dominisque, de te vous annoncer le miracle de votre victoire et même dix belles années de règne rose pastel, si vous suivez mes conseils de ministre.

3G


La figure de proue de l'humanité, c'est l'écolier ; l'empreinte originale du présent, sa face diabolescente étrange.

On le dirait parfaitement débarbouillé au jus d'époque concentré, son visage.

Et ses yeux disent : « Toutes les conditions seront bientôt réunies pour que rien ne change. »

Toutes les guerres ne sont peut-être pas perdues d'avance pour tout le monde, mais bon...


Dieu est « Super grand-père », un gros sympathique vieillard barbu chenu avec des lunettes rigolotes, qui aime les enfants, de rouge et de blanc toujours vêtu. Et d'abord les êtres ne meurent pas, ils jouent à cache-cache. Quand on meurt quand même, on devient un ange espiègle, une sorte d'elfe avec des pouvoirs magiques même que quand on pète en plein vol la nuit, ça fait des étoiles filantes pour les vivants qui s'ennuient.

La mauvaise foi est un pléonasme ; or, je l'ai dit et répété sur tous les toits plus ou moins photovoltaïques de la planète, c'est pas joli joli de malhonnêtre ; donc les lâches préfèrent le douillet mensonge de la facilité au précipice abrupt de la vérité. Selon eux, l'horreur absolue d'un monde sans queue ni tête est incompatible avec vivre. Ils récusent l'absurdité universelle méchante empêcheuse de danser en rond. Le chaos lui-même leur est une forme supérieure de bon ordre. Bref, ils entretiennent tendrement la flamme en carton de la superstition.

Nous avons essayé de le prendre au sérieux jusqu'ici leur sentimentalisme – peine perdue ! Essayons voir de le prendre un peu à la gorge pour changer !

AMERICA IS MY MECCA 2

J'ai payé mon copieux petit-déjeuner en dollars qui n'étaient imprimés que d'un seul côté, et puis je me suis tiré. Hop.

Et puis j'ai roulé...
Toute la journée, j'ai traversé ce bon vieux paysage lunaire.

Et donc me voilà, ce soir, à l'entrée de LA ville.

Au bas d'un petit pan de mur orange, on peut lire
en lettres noires :

« Jazz is black power », Ted Joans, VII 1969.

Comme par hasard, ça colle avec la musique exacte
que j'écoute.

L'Ordre est fini.
L'Ordre est complètement ahuri.

Je décroche la paire de dés en mousse suspendus à mon rétroviseur sans lâcher le volant de ma Cadillac aux tendances suicidaires, ni ralentir au contraire je grille un stop interdit,

Je les fous en l'air.

Demain matin je les remplace par la grosse paire de couilles de mon père.

Guerre défensive (représailles d'ivoire)


C'est le miracle inutile de leur conscience qui éblouit les plus faibles d'entre nous jusqu'au trognon. Les prières détruisent électromagnétiquement leurs neurones, c'est prouvé. La foi est le cancer de la pensée. L'informe chacun doit l'affronter à mains nues. Il n'y a pas de « pelage du jaguar » qui tienne. Croire en Dieu est un péché mortel. Croire en Dieu est même le péché capital, l'acte impur par excellence, le plus grand gravissime crime contre l'esprit, la meilleure preuve d'imbécillité irréfutable. Pourquoi ne pas s'enterrer vivant dans un cercueil biodégradable, pendant qu'on y est ?

Si La Fontaine vivait aujourd'hui, je suis sûr qu'il écrirait 'Le Briquet & les Allumettes'

LE PROFESSEUR DE RÉVOLUTION A DIT




« Mai 68 très pâle paraîtra à côté des révolutions rouges vives qui arrivent, bientôt les adolescents reprendront le commandement ivre de notre navire. Les riches cupides d'aujourd'hui sont les mendiants crevards de faim d'après-demain, l'hiver leur sera si rude qu'ils devront brûler leurs billets de banque pour se réchauffer les os pour survivre. Dans notre nouveau régime politique euthanasique, eutopique, l'avortement sera une jouissance beaucoup mieux récompensée que l'accouchement. Les racistes seront victimes de cosmopolites pogroms. On fera fusiller un peu aussi les partisans de la peine de mort pour leur apprendre à changer d'avis ailleurs si j'y suis. »


La vie est belle. Et en même temps quelle putain de vie de merde de chien.
La Beauté et l'Horreur dans ce monde s'équilibrent. Même taille, même poids.

Donc si vous trouvez un jour que la Laideur l'emporte, nettoyez vos lunettes que de vous plaindre
ce sera plus intelligent.

L'inexistence n'existe pas.

L'émotion c'est de la connaissance à 100%, de la pure science exacte.
Rien ne nous élève comme l'émotion.

Pour cette métamorphose émotive
jusqu'à la mort, pour le meilleur et pour le pire, bonjour et merci.

Touche pas au grizzly, salope ! (Céline au Panthéon, Klarsfeld aux fraises !)

Cinquante piges que Céline n'est pas mort, un demi-siècle cette année, la belle occase de lui ouvrir enfin les portes du Panthéon ?... Tu parles ! Les Érinyes de service, Serge Klarsfeld l'épurateur sempiternel en tête, s'y opposent, bouchent l'entrée, empêchent le convoi sacré de passer ! Mais d'où ce petit gros homme-qui-a-toujours-raison-même-quand-il-a-tort tient-il donc les clés du Panthéon ? À qui les a-t-il volées ? Je me vous le demande pourquoi le laisse-t-on bafouer, cet empaffé, notre tricolore Shakespeare ? Au nom de l'imprescriptibilité lui offrira-t-on in extremis vitae le scalp de la veuve Lucette pendant qu'on y est ? Klarsfeld fut un héroïque chasseur de nazis ; il n'est plus qu'un pathétique chasseur de zombies. Et comme aujourd'hui il s'acharne sur un fantôme, c'est un signe, c'est indigne, on devrait siffler à mon avis la fin de son pénible safari.
 



vendredi 31 décembre 2010

Épître au "Petit Prince" des ténèbres


Cher fidolâtre lecteur, ange gna-gna, pseudo-imitateur ou pâle confrère, insecte blessé à mort, je crois que je commence à te bien connaître dans le genre saignant ma petite coccinelle.

Ta faiblesse herculéenne, je la respecte.

Moi aussi tous les membres de ma famille royale sans exception ont péri (Saint-Exupéry exauça ma prière) en petits morceaux grillés à sec dans un accident d'avion lorsquand j'avais seize ans, dévorés par les méduses de l'Océan Pacifique comme de vulgaires beignets de cacahuètes. Dégustave Flaubert qu'on m'appelle.

Ramasse, un conseil avant de disparaître, tes plumes de toutes tes forces rassemble ce qu'il reste.

Post Scriptum : c'est pas joli joli de malhonnêtre !

FREAK POWER
AGAINST
THE MACHINE
JONAS GUNZONI
FOR SHERIFF

lundi 27 décembre 2010

Troisième épître à Maître Alain Leliepvre du Mans


Sans parler des figures, Maître, de la science propice de vos draps – on dirait encore des corps –, n'importe lequel de tous ces malencontreux froissements fait sens, la moindre marque ou pliure accidentelle du support, chacune de ses micro-déchirures se trouve prise ou comprise dans le tracé même du dessin – le geste et le papier se confondent donc c'est voilà, il me semble, toute l'harmonie, divine – comme quoi vous obtenez du Hasard tigré qu'il passe avec grâce par le chas étroit de votre aiguille.

J'entends croasser, heureux présage, des corbeaux chinois sous les ailes de coton de vos colombes. Dans le détail de vos oeuvres, haruspice bientôt, c'est l'Avenir que je devine.


http://wizzz.telerama.fr/leliepvrealain/photos/6866166229

dimanche 26 décembre 2010

Rock'n Symbol

À chaque coup ou presque ça ressemblait à une heureuse surprise d'otages au-dessus des chères têtes de linottes les « balles » elles filaient – Bang ! Bang ! Bang ! pendant une heure, ça n'arrêtait. Un peu comme si notre terrible professeur de philo faisait cours avec un flingue pour pulvériser les moindres particules de laideur en suspension dans sa classe, sauf que c'est son cerveau illumineux en personne qui appuyait sur la gâchette sensible : « On fera bien bouillir l'espèce humaine dans son propre sang avant de commencer à discuter. Les commerçants, les premiers, seront questionnés jusqu'à ce qu'ils abjurent merci. On leur ôtera la manie de vendre. Et les bigots, pour l'exemple, seront ressuscités avant d'être torturés à la mode de Caen. Je m'y engage. On n'écrira plus seulement des haïkus comminatoires sur les billets de 500 euros. On ne se contentera plus seulement de brûler l'effigie d'Iphigénie par les deux bouts en attendant que repasse l'orage... On sonnera la charge royale ! On écrasera tout l'Infâme et le reste, mes chers élèves, je vous le garantis, on en fera du beau pâté de mauviettes ! » expliquait Socrate.

GO CRAZY, BABY, GO WILD (suite toujours des aventures extraordinairissimes de J. Gonzoni)


Pourquoi eût-on juré que le bonhomme avait croisé Satan ?... Hélas ! Il m'est impossible de révéler si Jonas Gonzoni, qui avait atteint l'âge du Christ au moment crucial de son fameux suicide, mais sans la moindre égratignure, et qui avait le don effroyable d'aveugler quiconque tentait de soutenir son regard translucide, était une femme ou un homme, un être humain ou un extraterrestre ou Dieu-sait-quoi que ce soit d'autre ! Ses rares amis le surnommaient « le chien austral », tout ce que je peux vous dire, parce qu'une nuit de Noël soi-disant plus lugubrement moite que les autres, il aurait dévoré les six cent soixante-six membres de sa famille, à commencer par sa mère, une génisse en bois, et son connard de père, dans le sud de l'Italie. Mais bon, je n'y crois guère.

GO CRAZY, BABY, GO WILD (suite des aventures extraordinairissimes de J. Gonzoni)


Un chauve qui promenait son caniche imaginaire sur le trottoir d'en face regarda d'un air désapprobateur dans sa direction, esquissant même avec les oreilles un mouvement inéquivoque d'essuie-glaces. Mais Jonas, qui s'était emparé de son hochet pour faire des bulles de savon (« La Légèreté est le but à atteindre ; la Liberté, la manière forte d'y parvenir. »), n'y prêta pas attention, du moins au début, trop occupé qu'il était à envoyer son souffle vital sous la forme d'anti-boules de pétanque éclablouissantes sur la ville de sa naissance ; il ne savait plus en fin de compte ce que les toits réfléchissaient : le soleil ? ou la musique ? Quelle espèce d'heure pouvait-il bien être ? Une belle bulle pleine de fumée creva sur une cheminée, boulevard Gustave-Flaubert, mais une autre, plus petite, parvint à se hisser dans l'atmosphère en rebondissant de nuage en nuage. Lorsque Jonas daigna regarder enfin le chauve mécontent en bas, ce dernier, horrifié, prit la poudre d'escampette à son cou sans demander son reste.

samedi 25 décembre 2010

"New Nirvana from California" = SSPU

L'orchestre national de Californie, les Silversun Pickups ça s'appelle, il paraît qu'ils sont à Barcelone en ce moment. Vrai ou pas. Le chanteur-guitariste Brian Aubert devrait se faire tatouer « Kurt Morrison » et « Jim Cobain » sur les deux fesses, si vous voyez ce que je veux dire. C'est comme la bassiste Nikki Monninger, on dirait une joueuse de tennis islandaise invincible... Bref ! Je dédie et j'offre un povoime inédit d'au moins mille signes polysémiques au journaliste qui aura l'honneur et l'avantage de les inviter officiellement à Paris.

Merci dit Jonas Gonzoni.

GO CRAZY, BABY, GO WILD


Jonas Gonzoni chantant et dansant en caleçon autour de la table de sa cuisine, un couteau de boucher dans une main, un briquet dans l'autre, débita 55 grammes de hasch. Puis il recouvrit d'aluminium une douzaine de morceaux, qu'il dissimula dans les caisses de ses guitares, le réservoir de sa chasse d'eau, enfin derrière certains livres inoubliables de sa bibliothèque ; avec les reliefs merdiques, sur la planche à découper, il composa trois beaux pétarillos sans perdre une miette. Il pensa à lécher la lame noircie avant de la ranger. Il alluma le plus gros.

Les Silversun Pickups jouaient haut et fort. Leur musique scintillante n'emplissait pas seulement l'appartement, dont toutes les fenêtres étaient ouvertes, mais le quartier, désert pour l'heure. Certaines notes d'orgue particulièrement longues devaient bien aller jusqu'à l'hôpital voisin, jusqu'à la gare voire. Si ça se trouve, elles continuaient même après leur voyage en train jusqu'à Barcelone... Qui sait ? Le plancher et les murs, centenaires, vibraient drôlement ; les miroirs et les cadres, mille et un, à cause du vrombissement, sursautant à chaque boum de grosse caisse, frémissaient d'éclater pour de bon ou de choir ; c'est comme les bouquets de fleurs sèches en haut des étagères blindées de bouquins, on aurait dit qu'elles allaient tomber en poussière d'un moment à l'autre.



À suivre...

vendredi 24 décembre 2010

GO CRAZY, BABY, GO WILD


Jonas Gonzoni chantant et dansant en caleçon autour de la table de sa cuisine, un couteau de boucher dans une main, un briquet dans l'autre, débita 55 grammes de hasch. Puis il recouvrit d'aluminium une douzaine de morceaux, qu'il dissimula dans les caisses de ses guitares, le réservoir de sa chasse d'eau, derrière certains livres inoubliables de sa bibliothèque ; avec les reliefs merdiques, sur la planche à découper, il composa trois beaux pétarillos sans perdre une miette. Il pensa à lécher la lame noircie avant de la ranger. Il alluma le plus gros.



À suivre...

samedi 23 octobre 2010

Napoléon 33

Peuples ! Prenez-moi, simple povoite, pour empereur !

SCRIBO ERGO TACEO comme disait René Cartèse : écrire selon moi voilà l'ultra meilleure manière de me taire au monde.

(Il y a bien longtemps que j'ai apprivoisé la Solitude, cela n'empêche pas cette amie intime de me trahir. À chaque fois, nous nous réconcilions dans le lit de la création poétique – ce qui ne vous regarde pas, sans doute.)

Je crois uniquement à l'individu, à certains individus isolés. Je pense que c'est la collectivité humaine qui est responsable de l'ultime tragique gâchis planétaire auquel nous assistons. La collectivité humaine est l'ennemie numéro 1 de chaque être humain tout simplement donc/parce que la majorité sotte des êtres humains de la planète a toujours confié (bon gré mal gré) le pouvoir aux pires gougnafiers d'entre nous.

J'observe actuellement l'alliance objective mondiale de tous les systèmes : que peut mon opinion contre leur convergence ? Rien n'est plus vain qu'une opinion. Mais je ne suis pas favorable à la démocratie. Mais tout ce qui n'est pas démocratique n'est pas obligatoirement synonyme d'iniquité cruelle non plus.

Je suis désolé mais la démocratie n'est pas le moins pire système. Je pense comme Valéry : « On appelle pays libre un pays dans lequel les contraintes de la Loi sont prétendues le fait du plus grand nombre. La rigueur de ces contraintes ne figure pas dans cette définition. Si dures soient-elles, pourvu qu'elles émanent du plus grand nombre, ou qu'il croit qu'elles émanent de lui, il suffit : ce pays est un pays libre. Il est remarquable que cette liberté politique ait procédé du désir de constituer la liberté de l'individu en un droit naturel, attaché à tout homme venant en ce monde. On a voulu soustraire celui-ci au caprice de quelqu'un ou de quelques-uns, et il n'y avait d'autre solution que de le soumettre au caprice du nombre. Mais, ceci n'étant pas avouable, car ni le caprice, ni la sagesse d'une majorité ne le sont, la pudeur quelquefois a donné au sentiment confus de ce grand nombre la belle figure de la Raison. » (« Fluctuations sur la liberté » in Regards sur le monde actuel, 1938)

Mais il n'y a pas que le progrès ou la démocratie, l'éducation aussi est un mythe : bien placé de quoi je cause, depuis dix ans que j'enseigne les « Lettres Mortes » !

De mon bureau, c'est vrai, je contemple les dégâts : ils moisissent drôlement, ils finissent par disparaître. Bientôt, ils sont remplacés par d'autres dégâts tout neufs.

Je songe à me réincarner en despote éclairé.

jeudi 21 octobre 2010

ALIBI POETAE (politique de la baudruche)


« Dégonflez-moi !
(dit l'égo)
Dégonflez-moi !
(répondit l'écho) »

graffiti lu Boulevard Louis-Ferdinand-Céline


Un jour l'humanité cessera-t-elle de peindre
en jaune
l'homme qui a cessé de croire en l'homme ?

Peut-être.
Peu importe.

J'ai mille fois plus d'affection pour la liberté
de conscience
que pour la liberté d'expression.

C'est, autrement dit, que je préfère
me taire

Que de vous dire
ça
que j'en pense.

Je suis presque seul du meilleur côté
clair-obscur
de la barrière,

À bloc
gonflé à l'éther.

Pépite ascendante, comète dans le ciel
bleu. De mon abstention même ne tenez
aucun compte.

vendredi 24 septembre 2010

à bois


tenir la torche de lucidité
de vomir se retenir comment (à commencer par l'ignorance) l'immaturité pourrait-elle connaître son état ? rien à attendre au sublime
milieu de la nuit.

jeudi 16 septembre 2010

http://wizzz.telerama.fr/leliepvrealain/photos


Deuxième épître à Maître Alain Leliepvre du Mans

« La peinture, écrit Léonard, est une poésie qui se voit » dit Andy Malraux, comme la musique est une poésie qui s'écoute sans doute. (J'ajoute que la Beauté ne se boit pas seulement à l'oeil et à l'oreille.) Ici, l'inexprimable qui nous transporte nous transforme en chair à pâmoison tant vos oeuvres grouillent, cher Maître, dans tous les sens d'émouvantes figures. C'est toute la peinture qui est votre destin, va à la peinture, votre dessin est en même temps un dessein. Le destin de votre peinture est le destin de la peinture.

Je le sais autant que je le souhaite, car je suis prophète.

http://wizzz.telerama.fr/leliepvrealain/photos

jeudi 26 août 2010

La France, le pays où la vie est moisie ?

« La France est un fromage bien fait pour vos gueules ! » c'est écrit à la merde californietzschéenne sur le mur de la gendarmerie du village, la fin de la récréation est sifflée, l'année dans l'année recommence bonjour l'ambiance à zéro ouiais c'est la rentrée scolittéraire : les professeurs (qui ont moins de cheveux) et les gosses (qui ne perdent rien pour attendre) revêtent leurs beaux zébrés habits de bagne pour les ânes sur les étals des libraires les salades sont grosses, les commerçants ne font pas encore heureux payer l'entrée de leurs supermarchés toutefois au train où vont les choses ça ne saurait tarder déjà les clients réclament voici les grèves d'automne soi-disant nous entraînent pour la Révolution d'hiver que nous suivrons à la télévision sur toutes les chaînes à la fois jusqu'à ce que le tsar et ses sbires se barrent sur une autre planète, jusqu'à ce que Noir Désir sur scène renaisse !

lundi 23 août 2010

Première épître à Maître Alain Leliepvre du Mans


C'est le génie propre aux grandes peintures de faire couler inlassablement le robinet de notre regard, elles possèdent une sorte magnétique de pouvoir désaltérant. J'ai eu l'insigne privilège d'étancher largement ma soif en captivité, si j'ose dire : Vos oeuvres, cher Maître, sont aptes à supporter la pression d'un milliard d'yeux insatiables au millimètre carré. Si l'on pouvait convertir le pur plaisir esthétique en électricité, le moindre mouchoir de poche peint de votre main, pourvu qu'on l'exhibât, suffirait à éclairer Paris jusqu'à Los Angeles. Si l'on pouvait, avec vos peintures, couvrir tous les murs de toutes les villes d'Europe et de Navarre, chacun pourrait boire directement à la source irrésistible que je cause.

dimanche 22 août 2010

Il ne faut pas se contenter de vaincre la psychiatrie et abolir le travail, il faut encore éradiquer l'abominable pratique du sport.


Les uns sont des crétins puritains congénitaux en baskets, les autres sacrifient à l'exorcisme chic. Les zélés cochons d'Inde du sport et de la psychanalyse sont les mêmes illuminés hyperstitieux qui se croient à la pointe de la modernité, de la santé depuis un siècle, parce qu'ils prétendent se purger en s'infligeant des saignées hebdomadaires ou bihebdomadaires physiques ou psychiques. Hélas personne ne se donne vraiment la peine de leur expliquer à ces imbéciles aussi, comme l'embaumement est un remède contre la mort, que l'innocuité de tous leurs efforts et bénéfiques supplices est une vacherie. La pénitence sportive est un nihilisme fossile et sot. Vouloir guérir de soi, c'est le contraire de vouloir quoi que ce soit.

vendredi 20 août 2010

Sol

À la cour des miracles le bouffon est Roi debout sur son tonneau, c'est moi Jonas Gonzoni alias Bob Rabelais dit Voltaigne je porte une cape de shérif, un couvre-chef d'Apache, des lunettes noires à cause de mes yeux bleus éblouissants et je vous préviens, amis troubadours et trouducs : « Aplaventrissez-vous, mes amis, approchez et craignez avec moi, à mes pieds, tous les grands poètes qui furent, sont et seront à l'origine de formidables révolutions culturelles, plus exaltantes que des bains de sang, moins vaines cependant ! Tel que vous me voyez, je suis moi-même né pour botter le gros cul de cette foutue fourmilière géante d'ânes bâtés dans laquelle nous nous trouvons en ce moment, une vraie impasse à déboucher !... Donc je, Jason-Christ, redresse tout la barre la tête et les manches et si j'ai eu il est vrai un long instant d'immense faiblesse, je le confesse, je me reprends ! »

Sinistre Godard Jean-Luc ou l'exécrable snobisme de la déceptivité


Mauvais psychodrames en slip pur Prisunic,

Films expérimentaux films stériles films chiants
films sentencieusement ennuyeux
démonstratifs,
indigents
et
prétentiards.

Films à enterrer à 90% bavardises billevesées de poivrot sado-mao impuissant connard.

Son charabia mystico-pamphlétaire définitif me fait penser à du très mauvais Dantec
son esthétique déceptive grivoise édifiante et condescendante à la fois ma foi
qu'il aurait bien beaucoup mieux fait
de s'abstenir, donc de se taire (sauf les Stones).

Honte à tous ces zombies de sécheresse qui entretiennent l'escroquerie funeste d'une culture européenne aride avaricieuse chagrine platement cérébrale : l'exigence absolue n'a absolument rien à voir avec cette abstraction aussi sotte que hautaine, sans issue ni odeur ni goût ni saveur ni estomac ni coeur que ce soit. (cf. testament trahi de Kafka)
Honte, aussi, à tous ceux qui entretiennent le sentimentalisme sous toutes ses formes.