j'entends corner sans cesse à mes oreilles :
« l'humanité a édifié des musées, des bibliothèques, des pyramides, des systèmes de pensée... »
« l'humanité a construit des ponts, des porte-avions, des sous-marins nucléaires... »
« l'humanité se promène dans l'espace, elle a inventé le vaccin, le clonage, la mayonnaise, la guitare électrique... »
l'humanité, très bien, mais toi, qu'as-tu fait ?
« on a gagné » vomit sans vergogne l'ivrogne hypnotisé par sa télé.
« La sottise est une mauvaise qualité ; mais de ne la pouvoir supporter, et s'en despiter et ronger, comme il m'advient, c'est une autre sorte de maladie qui ne doit guere à la sottise en importunité ; et est ce qu'à present je veux accuser du mien. » Mickey Mountain, Essays III, 8
lundi 31 mai 2010
samedi 29 mai 2010
L'obligation scolaire devrait être interdite, pffuitt, absolument abolite.
- « Est-ce qu'il y a des choses qu'on ne peut penser qu'en cinéma ou qu'en musique, qu'en danse ou qu'en peinture, etc. ? » [et] « Si l'art ou les arts pensent, comment l'Université peut-elle et doit-elle les penser ? »
extrait d'un appel à contribution
1
Si l'Art pense ? Question grotesque oui et non. Si l'Université pense, pourquoi pas l'Art ?
2
La liberté et l'exigence devraient être les deux souveraines absolues à l'école, les deux mamelles de l'Éducation nationale guidant le peuple des enfants au pouvoir, or c'est injustement tout le contraire un pénitencier de méchantes feignasses avides de rien savoir, suintant l'ennui mou mortifère, puant la bavardise et conduisant – préparant – à la servitude volontaire. L'école, ce labyrinthe atroce moche moisi. Cette usine à gaz et à zombies. Quel dégoût.
Toutefois certaines miettes humaines paradoxales, entre ses sinistres rouages, rebondissent, hop, s'échappent : les artistes – ce sont tous ceux les cabossés les fêlés hypersensibles qui suivent le panneau «Autres directions ».
3
L'artiste, c'est l'anti-professeur par excellence.
Le chaos persuade l'abîme... heu... oublie tout ce qu'il sait – que d'obéir, on préfère jouir... L'ordre, la discipline ne convainquent jamais que les imbéciles mal heureux s'en souviennent.
4
L'obligation scolaire devrait être interdite, pffuitt, absolument abolie ; c'est comme l'orthograve... mais d'abord vous libérez les gosses, ensuite on discute du programme.
vendredi 28 mai 2010
je quoi
qu'une vie anéantie enfin peut être définie et pesée au poil de millimètre cube
qu'une phrase simple peut contenir une vie entière sans que ça déborde
qu'à chaque instant le quotidien se dresse de toutes ses forces contre cette vie entière
que cette vie entière n'entretient aucune espèce de rapport avec son propre détail
jeudi 27 mai 2010
haïku à 5 cents
où le sable fin de toutes choses est jonché
d'anciennes bouteilles à la mer –
reliefs veufs.
Strabisme divergent de Rembrandt VS Surdité de Beethoven
Comme il pleut un peu
de géométrie
après l'algèbre.
Comme il pleut chaque goutte est exacte
à sa place
ponctuelle
unique
éternelle.
Comme l'homme, chacune a son numéro.
Je réfute toute idée d'instinct grégaire et même d'espèce, toute croyance en un destin collectif à échelle vicinale municipale départementale régionale nationale continentale mondiale inter-galactique ou qu'est-ce.
Merde la conscience humaine planétaire est une vaste blague.
Chaque vie individuelle est parallèle au reste de l'univers.
mardi 25 mai 2010
Fear & Loathing in France
Round pegs in square holes tend to have dangerous thoughts about the social system and to infect others with their discontents.
A. L. Huxley
Notre main aimant mieux faire couler l'encre tout de suite que demain le sang, nous devons la dessiner complètement – la peindre entièrement – n'oublier veine, pore, poil, ni doigt que ce soit – tracer jusqu'aux cernes psychédéliques qui lui tiendront lieu d'empreintes digitales – Gaie transfiguration de tout ce qu'elle touchera ! Savant embrasement de chaque branche qu'elle brandira ! La prochaine Révolution est impossible à esquiver, non point à esquisser.
mercredi 19 mai 2010
De l'Atlantide et glou et glou
Je dérive, c'est simple, depuis que je suis né.
Je dérive de ma mère. Je m'éloigne d'elle.
Je suis d'une autre espèce humaine que mon père.
Sécession ça s'appelle.
Donc je vis radicalement retranché dans mon ambassade californienne personnelle, une villa oscillante fortifiée, attendant qu'alentour s'écroule tout, les lettres et le reste d'Hollywood,
Céline et Bukowski, je songe à leur brutale sentimentalité, grandiose, sublime.
J'écoute les Silversun Pickups à la radio, c'est du solide.
samedi 8 mai 2010
Le Zola que j'accuse, c'est
que je réponds
et si mon verbe est fort
mal venu
et tout
je m'en fous
et si
il est trop tard
si j'ai passé l'âge
(33 ans cet été)
je m'en fous :
« Mon cher vieux
Émile Hugolaz,
Souviens-tu de 1897 ? tu
t'écripostrophais :
Ô jeunesse, jeunesse !
Je t'en supplie, songe à la grande besogne qui t'attend. Tu es
l'ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain,
qui, nous en avons la foi profonde, résoudra les problèmes de
vérité et d'équité, posés par le siècle finissant.
Il se trouve que j'ai bien
connu 1997, mon brave Zémile – et ainsi de suite jusqu'à
zaujourd'hui – Je peux te dire que je le connais un tout petit peu
le « siècle prochain » que tu causes, pour moi c'est
même déjà l'ancien, le dernier, ouiais, donc c'est vrai que ta foi
elle est bien « profonde » – si j'y suis-je – elle
est où je pense !
Je ne parle de 14, ni
d'Hitler, ni d'Hiroshima, ni pollution totale, ni réchauffement
clitomatique, hein, je laisse de côté la IIIè Guerre mondiale et
l'Apocalypse.
Je dis juste que je te
crois volontiers lorsquand tu affirmes que tu ressens une « foi
profonde » ; que je te comprends drôlement lorsquand tu
évoques les assises du
XXè siècle !
À moi aussi ma foi et mon
espérance sont profondes, je le sens bien.
Or, si comme le pire est
inéluctable, donc je loue nos aînés, je gaude, je gaude, je gaude.
Louons nos aînés. Honorons-les ces fumiers.
Les miettes merdiques
qu'ils nous ont laissées resteront nos meilleures années. »
samedi 1 mai 2010
Parfois je pense
que l'univers est subtil, génial, mais hélas
pas l'homme
symétrique
que l'homme des cavernes modernes a pas idée, lui, de sa plate
misère
romantique
parfois je pense tellement fort à Shakespeare
que ses oreilles hypersensibles lui sifflent
jusqu'ici
par « subtil » j'entends : doué d'esprit, animé, essentiellement invisible
et inépuisable et inaccessible
et j'entends : « jouir ».
par « génial » : puissamment original.
l'univers et ses propriétés magiques !
mille tonnes de musique au centimètre cube, incube et succube,
ou bien une seule goutte d'Ezra Pound
ça peut suffire.
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