samedi 23 octobre 2010

Napoléon 33

Peuples ! Prenez-moi, simple povoite, pour empereur !

SCRIBO ERGO TACEO comme disait René Cartèse : écrire selon moi voilà l'ultra meilleure manière de me taire au monde.

(Il y a bien longtemps que j'ai apprivoisé la Solitude, cela n'empêche pas cette amie intime de me trahir. À chaque fois, nous nous réconcilions dans le lit de la création poétique – ce qui ne vous regarde pas, sans doute.)

Je crois uniquement à l'individu, à certains individus isolés. Je pense que c'est la collectivité humaine qui est responsable de l'ultime tragique gâchis planétaire auquel nous assistons. La collectivité humaine est l'ennemie numéro 1 de chaque être humain tout simplement donc/parce que la majorité sotte des êtres humains de la planète a toujours confié (bon gré mal gré) le pouvoir aux pires gougnafiers d'entre nous.

J'observe actuellement l'alliance objective mondiale de tous les systèmes : que peut mon opinion contre leur convergence ? Rien n'est plus vain qu'une opinion. Mais je ne suis pas favorable à la démocratie. Mais tout ce qui n'est pas démocratique n'est pas obligatoirement synonyme d'iniquité cruelle non plus.

Je suis désolé mais la démocratie n'est pas le moins pire système. Je pense comme Valéry : « On appelle pays libre un pays dans lequel les contraintes de la Loi sont prétendues le fait du plus grand nombre. La rigueur de ces contraintes ne figure pas dans cette définition. Si dures soient-elles, pourvu qu'elles émanent du plus grand nombre, ou qu'il croit qu'elles émanent de lui, il suffit : ce pays est un pays libre. Il est remarquable que cette liberté politique ait procédé du désir de constituer la liberté de l'individu en un droit naturel, attaché à tout homme venant en ce monde. On a voulu soustraire celui-ci au caprice de quelqu'un ou de quelques-uns, et il n'y avait d'autre solution que de le soumettre au caprice du nombre. Mais, ceci n'étant pas avouable, car ni le caprice, ni la sagesse d'une majorité ne le sont, la pudeur quelquefois a donné au sentiment confus de ce grand nombre la belle figure de la Raison. » (« Fluctuations sur la liberté » in Regards sur le monde actuel, 1938)

Mais il n'y a pas que le progrès ou la démocratie, l'éducation aussi est un mythe : bien placé de quoi je cause, depuis dix ans que j'enseigne les « Lettres Mortes » !

De mon bureau, c'est vrai, je contemple les dégâts : ils moisissent drôlement, ils finissent par disparaître. Bientôt, ils sont remplacés par d'autres dégâts tout neufs.

Je songe à me réincarner en despote éclairé.

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