Un chauve qui promenait son caniche imaginaire sur le trottoir d'en face regarda d'un air désapprobateur dans sa direction, esquissant même avec les oreilles un mouvement inéquivoque d'essuie-glaces. Mais Jonas, qui s'était emparé de son hochet pour faire des bulles de savon (« La Légèreté est le but à atteindre ; la Liberté, la manière forte d'y parvenir. »), n'y prêta pas attention, du moins au début, trop occupé qu'il était à envoyer son souffle vital sous la forme d'anti-boules de pétanque éclablouissantes sur la ville de sa naissance ; il ne savait plus en fin de compte ce que les toits réfléchissaient : le soleil ? ou la musique ? Quelle espèce d'heure pouvait-il bien être ? Une belle bulle pleine de fumée creva sur une cheminée, boulevard Gustave-Flaubert, mais une autre, plus petite, parvint à se hisser dans l'atmosphère en rebondissant de nuage en nuage. Lorsque Jonas daigna regarder enfin le chauve mécontent en bas, ce dernier, horrifié, prit la poudre d'escampette à son cou sans demander son reste.
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