« La France est un fromage bien fait pour vos gueules ! » c'est écrit à la merde californietzschéenne sur le mur de la gendarmerie du village, la fin de la récréation est sifflée, l'année dans l'année recommence bonjour l'ambiance à zéro ouiais c'est la rentrée scolittéraire : les professeurs (qui ont moins de cheveux) et les gosses (qui ne perdent rien pour attendre) revêtent leurs beaux zébrés habits de bagne pour les ânes sur les étals des libraires les salades sont grosses, les commerçants ne font pas encore heureux payer l'entrée de leurs supermarchés toutefois au train où vont les choses ça ne saurait tarder déjà les clients réclament voici les grèves d'automne soi-disant nous entraînent pour la Révolution d'hiver que nous suivrons à la télévision sur toutes les chaînes à la fois jusqu'à ce que le tsar et ses sbires se barrent sur une autre planète, jusqu'à ce que Noir Désir sur scène renaisse !
« La sottise est une mauvaise qualité ; mais de ne la pouvoir supporter, et s'en despiter et ronger, comme il m'advient, c'est une autre sorte de maladie qui ne doit guere à la sottise en importunité ; et est ce qu'à present je veux accuser du mien. » Mickey Mountain, Essays III, 8
jeudi 26 août 2010
lundi 23 août 2010
Première épître à Maître Alain Leliepvre du Mans
C'est le génie propre aux grandes peintures de faire couler inlassablement le robinet de notre regard, elles possèdent une sorte magnétique de pouvoir désaltérant. J'ai eu l'insigne privilège d'étancher largement ma soif en captivité, si j'ose dire : Vos oeuvres, cher Maître, sont aptes à supporter la pression d'un milliard d'yeux insatiables au millimètre carré. Si l'on pouvait convertir le pur plaisir esthétique en électricité, le moindre mouchoir de poche peint de votre main, pourvu qu'on l'exhibât, suffirait à éclairer Paris jusqu'à Los Angeles. Si l'on pouvait, avec vos peintures, couvrir tous les murs de toutes les villes d'Europe et de Navarre, chacun pourrait boire directement à la source irrésistible que je cause.
dimanche 22 août 2010
Il ne faut pas se contenter de vaincre la psychiatrie et abolir le travail, il faut encore éradiquer l'abominable pratique du sport.
Les uns sont des crétins puritains congénitaux en baskets, les autres sacrifient à l'exorcisme chic. Les zélés cochons d'Inde du sport et de la psychanalyse sont les mêmes illuminés hyperstitieux qui se croient à la pointe de la modernité, de la santé depuis un siècle, parce qu'ils prétendent se purger en s'infligeant des saignées hebdomadaires ou bihebdomadaires physiques ou psychiques. Hélas personne ne se donne vraiment la peine de leur expliquer à ces imbéciles aussi, comme l'embaumement est un remède contre la mort, que l'innocuité de tous leurs efforts et bénéfiques supplices est une vacherie. La pénitence sportive est un nihilisme fossile et sot. Vouloir guérir de soi, c'est le contraire de vouloir quoi que ce soit.
vendredi 20 août 2010
Sol
À la cour des miracles le bouffon est Roi debout sur son tonneau, c'est moi Jonas Gonzoni alias Bob Rabelais dit Voltaigne je porte une cape de shérif, un couvre-chef d'Apache, des lunettes noires à cause de mes yeux bleus éblouissants et je vous préviens, amis troubadours et trouducs : « Aplaventrissez-vous, mes amis, approchez et craignez avec moi, à mes pieds, tous les grands poètes qui furent, sont et seront à l'origine de formidables révolutions culturelles, plus exaltantes que des bains de sang, moins vaines cependant ! Tel que vous me voyez, je suis moi-même né pour botter le gros cul de cette foutue fourmilière géante d'ânes bâtés dans laquelle nous nous trouvons en ce moment, une vraie impasse à déboucher !... Donc je, Jason-Christ, redresse tout la barre la tête et les manches et si j'ai eu il est vrai un long instant d'immense faiblesse, je le confesse, je me reprends ! »
Sinistre Godard Jean-Luc ou l'exécrable snobisme de la déceptivité
Mauvais psychodrames en slip pur Prisunic,
Films expérimentaux films stériles films chiants
films sentencieusement ennuyeux
démonstratifs,
indigents
et
prétentiards.
Films à enterrer à 90% bavardises billevesées de poivrot sado-mao impuissant connard.
Son charabia mystico-pamphlétaire définitif me fait penser à du très mauvais Dantec
son esthétique déceptive grivoise édifiante et condescendante à la fois ma foi
qu'il aurait bien beaucoup mieux fait
de s'abstenir, donc de se taire (sauf les Stones).
Honte à tous ces zombies de sécheresse qui entretiennent l'escroquerie funeste d'une culture européenne aride avaricieuse chagrine platement cérébrale : l'exigence absolue n'a absolument rien à voir avec cette abstraction aussi sotte que hautaine, sans issue ni odeur ni goût ni saveur ni estomac ni coeur que ce soit. (cf. testament trahi de Kafka)
Honte, aussi, à tous ceux qui entretiennent le sentimentalisme sous toutes ses formes.
jeudi 19 août 2010
FREAK POWER (Jonas Gonzoni for Sheriff)
Rien de plus ignoble que la normalité dans un monde pareil la normalité c'est justement la laideur indélébile qui fait depuis trop longtemps trop de dégâts, une farce bavarde puérile sordide. Un crime. La normalité est un monstre qui s'ignore. La normalité est un million de fois, cent millions de milliards de fois coupable. La preuve par l'Exemple fusillé, Monsieur R*** lui-même, je ne peux m'empêcher de repenser à ce confrère grotesque de l'année dernière, mi-roquet snob mi-perroquet à fausse perruque de coq – ou plutôt de chapon –, un champion cantonal de mots croisés reconverti Professeur de français qui ne parlait qu'en périphrases mièvres mielleuses éculées. Sa foi dans les lieux communs, à ce pâle tocard, était absolue, inébranlable autant qu'inénarrable. Merde et sa bêtise d'autant plus toxique que ce gros fat croyait sincèrement à l'énorme mensonge de sa probité, de son intelligence, de son professionnalisme et tout. Bah je ne peux tout simplement pas m'empêcher de le maudire, merci, cet imbécile, ce clone d'imbécile qui me donne envie d'écrire de tout démolir.
mercredi 18 août 2010
Justement les honnêtes gens sont les lâches qui nous gâchent la vie !
Ils naissent et grandissent parmi la foule chauvine chagrine grise mauvaise jalouse de tout ce qui brille, dérive ou dépasse, à son image et pour obéir
de bonne heure.
Aux questions poussiéreuses qu'ils ne se posent jamais, ils aiment apporter ou plutôt asséner les réponses moisies qu'on sait – convictions indestructibles d'êtres humains professionnels qui vouent un culte aux Bon Sens, Excellentes Habitudes, Normes, Usages & compagnie.
Ils rabâchent pieusement et piteusement droits & devoirs. Droits & Devoirs. Ils lèchent la dure Loi. Ils y croient. Les démocrasseux évidemment votent Ordem e progresso, travaillent, cotisent, recyclent, casquent, pédalent en famille nombreuse le dimanche. Ils font carrière pour l'exemple, et construire, et donc ils réussissent leur vie de sacrifice – sauf évidemment s'ils sont victimes d'Injustice, ça arrive !
D'une manière ou l'autre, machinalement, à force, les honnêtes gens accomplissent le miracle atroce d'aménager en vaste enfer notre petit coin de paradis.
lundi 16 août 2010
Ma parole contre tout l'or, l'ordre, l'ordure et le reste du monde
C'est exact Jack – Je fus plus rouge mort que vif moi aussi ROCK'N ROLL puis j'ai
eu marre qu'on me persécuite
à cause que je bois de trop
et archifausse
compagnie, &c.
*
Encore et toujours Elle
la Beauté fout en l'air
joliment
le bordel dans l'Univers – « Au secours ! Dieux ! Au feu ! Aux armes ! »
et compagnie –
En loucedé Elle
roule pour les folles furieuses Érinyes
ma parole
la Beauté.
On verra.
En attendant, je me suis fait tatouer MICHTO où je pense
sur l'épaule.
Aujourd'hui, demain – chacun de mes poèmes est ou bien sera un gentil pavé dans la mare (ou le vitrail),
je vais je voudrais faire le ménage.
mercredi 4 août 2010
NEUTER SEMPER
Sois fort, sois forte – un demain ou l'autre cette trop pénible période sera loin assez. – Et aussi toutes les formes inimaginables de l'espérance qui nous torturent n'ont qu'un seul but : nous faire replonger en Mélancolie, nous distraire encore et encore de notre gentille petite rêverie sacrée... hélas, trop facilement souvent elles y parviennent !
Sois donc inexpugnablement neutre !
mardi 3 août 2010
Je fais don de mon atrabile à la science, merci bien, j'attends cette suprême ponction d'un moment à l'autre !
Au début ça pique un peu d'être un homme bien sûr... « Ferme ta gueule, ô ma douleur ! » et tout... Toute la force et infinie beauté d'un être, c'est très lentement et franchement sa propre solitude qu'il sculpte jusqu'à l'os. Avec les dents, il s'agit de s'accrocher pour jouir et faire jouir. N'attendre rien. Saisir surtout chaque nouvelle étincelle à la racine, au vol attraper chaque foutue occase de pur et dur et bon plaisir. Avec les dents et avec les ongles.
Tout d'abord je crus fort entendre la très-haute grosse voix de la Société me répéter gravement sur tous les tons : « Suicide-toi ! Suicide-toi !... » – mais c'était simplement ma Mélancolie qui chantait.
En moins de dix mois, je gagnai bientôt autant de cheveux blancs que je perdis d'amis – en même temps que toute foi, goût, désir et volonté en quoi que ce soit... Ainsi pourquoi à trente-trois ans je tremblais frémissais suais souffrotais donc tellement horriblement sur ma croix de bois en enfer ? – c'est ma Mélancolie qui jouait à mumuse avec mes nerfs.
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