vendredi 31 décembre 2010

Épître au "Petit Prince" des ténèbres


Cher fidolâtre lecteur, ange gna-gna, pseudo-imitateur ou pâle confrère, insecte blessé à mort, je crois que je commence à te bien connaître dans le genre saignant ma petite coccinelle.

Ta faiblesse herculéenne, je la respecte.

Moi aussi tous les membres de ma famille royale sans exception ont péri (Saint-Exupéry exauça ma prière) en petits morceaux grillés à sec dans un accident d'avion lorsquand j'avais seize ans, dévorés par les méduses de l'Océan Pacifique comme de vulgaires beignets de cacahuètes. Dégustave Flaubert qu'on m'appelle.

Ramasse, un conseil avant de disparaître, tes plumes de toutes tes forces rassemble ce qu'il reste.

Post Scriptum : c'est pas joli joli de malhonnêtre !

FREAK POWER
AGAINST
THE MACHINE
JONAS GUNZONI
FOR SHERIFF

lundi 27 décembre 2010

Troisième épître à Maître Alain Leliepvre du Mans


Sans parler des figures, Maître, de la science propice de vos draps – on dirait encore des corps –, n'importe lequel de tous ces malencontreux froissements fait sens, la moindre marque ou pliure accidentelle du support, chacune de ses micro-déchirures se trouve prise ou comprise dans le tracé même du dessin – le geste et le papier se confondent donc c'est voilà, il me semble, toute l'harmonie, divine – comme quoi vous obtenez du Hasard tigré qu'il passe avec grâce par le chas étroit de votre aiguille.

J'entends croasser, heureux présage, des corbeaux chinois sous les ailes de coton de vos colombes. Dans le détail de vos oeuvres, haruspice bientôt, c'est l'Avenir que je devine.


http://wizzz.telerama.fr/leliepvrealain/photos/6866166229

dimanche 26 décembre 2010

Rock'n Symbol

À chaque coup ou presque ça ressemblait à une heureuse surprise d'otages au-dessus des chères têtes de linottes les « balles » elles filaient – Bang ! Bang ! Bang ! pendant une heure, ça n'arrêtait. Un peu comme si notre terrible professeur de philo faisait cours avec un flingue pour pulvériser les moindres particules de laideur en suspension dans sa classe, sauf que c'est son cerveau illumineux en personne qui appuyait sur la gâchette sensible : « On fera bien bouillir l'espèce humaine dans son propre sang avant de commencer à discuter. Les commerçants, les premiers, seront questionnés jusqu'à ce qu'ils abjurent merci. On leur ôtera la manie de vendre. Et les bigots, pour l'exemple, seront ressuscités avant d'être torturés à la mode de Caen. Je m'y engage. On n'écrira plus seulement des haïkus comminatoires sur les billets de 500 euros. On ne se contentera plus seulement de brûler l'effigie d'Iphigénie par les deux bouts en attendant que repasse l'orage... On sonnera la charge royale ! On écrasera tout l'Infâme et le reste, mes chers élèves, je vous le garantis, on en fera du beau pâté de mauviettes ! » expliquait Socrate.

GO CRAZY, BABY, GO WILD (suite toujours des aventures extraordinairissimes de J. Gonzoni)


Pourquoi eût-on juré que le bonhomme avait croisé Satan ?... Hélas ! Il m'est impossible de révéler si Jonas Gonzoni, qui avait atteint l'âge du Christ au moment crucial de son fameux suicide, mais sans la moindre égratignure, et qui avait le don effroyable d'aveugler quiconque tentait de soutenir son regard translucide, était une femme ou un homme, un être humain ou un extraterrestre ou Dieu-sait-quoi que ce soit d'autre ! Ses rares amis le surnommaient « le chien austral », tout ce que je peux vous dire, parce qu'une nuit de Noël soi-disant plus lugubrement moite que les autres, il aurait dévoré les six cent soixante-six membres de sa famille, à commencer par sa mère, une génisse en bois, et son connard de père, dans le sud de l'Italie. Mais bon, je n'y crois guère.

GO CRAZY, BABY, GO WILD (suite des aventures extraordinairissimes de J. Gonzoni)


Un chauve qui promenait son caniche imaginaire sur le trottoir d'en face regarda d'un air désapprobateur dans sa direction, esquissant même avec les oreilles un mouvement inéquivoque d'essuie-glaces. Mais Jonas, qui s'était emparé de son hochet pour faire des bulles de savon (« La Légèreté est le but à atteindre ; la Liberté, la manière forte d'y parvenir. »), n'y prêta pas attention, du moins au début, trop occupé qu'il était à envoyer son souffle vital sous la forme d'anti-boules de pétanque éclablouissantes sur la ville de sa naissance ; il ne savait plus en fin de compte ce que les toits réfléchissaient : le soleil ? ou la musique ? Quelle espèce d'heure pouvait-il bien être ? Une belle bulle pleine de fumée creva sur une cheminée, boulevard Gustave-Flaubert, mais une autre, plus petite, parvint à se hisser dans l'atmosphère en rebondissant de nuage en nuage. Lorsque Jonas daigna regarder enfin le chauve mécontent en bas, ce dernier, horrifié, prit la poudre d'escampette à son cou sans demander son reste.

samedi 25 décembre 2010

"New Nirvana from California" = SSPU

L'orchestre national de Californie, les Silversun Pickups ça s'appelle, il paraît qu'ils sont à Barcelone en ce moment. Vrai ou pas. Le chanteur-guitariste Brian Aubert devrait se faire tatouer « Kurt Morrison » et « Jim Cobain » sur les deux fesses, si vous voyez ce que je veux dire. C'est comme la bassiste Nikki Monninger, on dirait une joueuse de tennis islandaise invincible... Bref ! Je dédie et j'offre un povoime inédit d'au moins mille signes polysémiques au journaliste qui aura l'honneur et l'avantage de les inviter officiellement à Paris.

Merci dit Jonas Gonzoni.

GO CRAZY, BABY, GO WILD


Jonas Gonzoni chantant et dansant en caleçon autour de la table de sa cuisine, un couteau de boucher dans une main, un briquet dans l'autre, débita 55 grammes de hasch. Puis il recouvrit d'aluminium une douzaine de morceaux, qu'il dissimula dans les caisses de ses guitares, le réservoir de sa chasse d'eau, enfin derrière certains livres inoubliables de sa bibliothèque ; avec les reliefs merdiques, sur la planche à découper, il composa trois beaux pétarillos sans perdre une miette. Il pensa à lécher la lame noircie avant de la ranger. Il alluma le plus gros.

Les Silversun Pickups jouaient haut et fort. Leur musique scintillante n'emplissait pas seulement l'appartement, dont toutes les fenêtres étaient ouvertes, mais le quartier, désert pour l'heure. Certaines notes d'orgue particulièrement longues devaient bien aller jusqu'à l'hôpital voisin, jusqu'à la gare voire. Si ça se trouve, elles continuaient même après leur voyage en train jusqu'à Barcelone... Qui sait ? Le plancher et les murs, centenaires, vibraient drôlement ; les miroirs et les cadres, mille et un, à cause du vrombissement, sursautant à chaque boum de grosse caisse, frémissaient d'éclater pour de bon ou de choir ; c'est comme les bouquets de fleurs sèches en haut des étagères blindées de bouquins, on aurait dit qu'elles allaient tomber en poussière d'un moment à l'autre.



À suivre...

vendredi 24 décembre 2010

GO CRAZY, BABY, GO WILD


Jonas Gonzoni chantant et dansant en caleçon autour de la table de sa cuisine, un couteau de boucher dans une main, un briquet dans l'autre, débita 55 grammes de hasch. Puis il recouvrit d'aluminium une douzaine de morceaux, qu'il dissimula dans les caisses de ses guitares, le réservoir de sa chasse d'eau, derrière certains livres inoubliables de sa bibliothèque ; avec les reliefs merdiques, sur la planche à découper, il composa trois beaux pétarillos sans perdre une miette. Il pensa à lécher la lame noircie avant de la ranger. Il alluma le plus gros.



À suivre...