samedi 8 mai 2010

Le Zola que j'accuse, c'est

à sa lettre à la jeunesse
que je réponds
et si mon verbe est fort
mal venu
et tout
je m'en fous
et si
il est trop tard
si j'ai passé l'âge
(33 ans cet été)
je m'en fous :    
« Mon cher vieux Émile Hugolaz,
Souviens-tu de 1897 ? tu t'écripostrophais :
Ô jeunesse, jeunesse ! Je t'en supplie, songe à la grande besogne qui t'attend. Tu es l'ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain, qui, nous en avons la foi profonde, résoudra les problèmes de vérité et d'équité, posés par le siècle finissant.
Il se trouve que j'ai bien connu 1997, mon brave Zémile – et ainsi de suite jusqu'à zaujourd'hui – Je peux te dire que je le connais un tout petit peu le « siècle prochain » que tu causes, pour moi c'est même déjà l'ancien, le dernier, ouiais, donc c'est vrai que ta foi elle est bien « profonde » – si j'y suis-je – elle est où je pense !
Je ne parle de 14, ni d'Hitler, ni d'Hiroshima, ni pollution totale, ni réchauffement clitomatique, hein, je laisse de côté la IIIè Guerre mondiale et l'Apocalypse.
Je dis juste que je te crois volontiers lorsquand tu affirmes que tu ressens une « foi profonde » ; que je te comprends drôlement lorsquand tu évoques les assises du XXè siècle !
À moi aussi ma foi et mon espérance sont profondes, je le sens bien.
Or, si comme le pire est inéluctable, donc je loue nos aînés, je gaude, je gaude, je gaude. Louons nos aînés. Honorons-les ces fumiers.
Les miettes merdiques qu'ils nous ont laissées resteront nos meilleures années. »

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