que je réponds
et si mon verbe est fort
mal venu
et tout
je m'en fous
et si
il est trop tard
si j'ai passé l'âge
(33 ans cet été)
je m'en fous :
« Mon cher vieux
Émile Hugolaz,
Souviens-tu de 1897 ? tu
t'écripostrophais :
Ô jeunesse, jeunesse !
Je t'en supplie, songe à la grande besogne qui t'attend. Tu es
l'ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain,
qui, nous en avons la foi profonde, résoudra les problèmes de
vérité et d'équité, posés par le siècle finissant.
Il se trouve que j'ai bien
connu 1997, mon brave Zémile – et ainsi de suite jusqu'à
zaujourd'hui – Je peux te dire que je le connais un tout petit peu
le « siècle prochain » que tu causes, pour moi c'est
même déjà l'ancien, le dernier, ouiais, donc c'est vrai que ta foi
elle est bien « profonde » – si j'y suis-je – elle
est où je pense !
Je ne parle de 14, ni
d'Hitler, ni d'Hiroshima, ni pollution totale, ni réchauffement
clitomatique, hein, je laisse de côté la IIIè Guerre mondiale et
l'Apocalypse.
Je dis juste que je te
crois volontiers lorsquand tu affirmes que tu ressens une « foi
profonde » ; que je te comprends drôlement lorsquand tu
évoques les assises du
XXè siècle !
À moi aussi ma foi et mon
espérance sont profondes, je le sens bien.
Or, si comme le pire est
inéluctable, donc je loue nos aînés, je gaude, je gaude, je gaude.
Louons nos aînés. Honorons-les ces fumiers.
Les miettes merdiques
qu'ils nous ont laissées resteront nos meilleures années. »
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