vendredi 30 octobre 2009

Mon insouciance, où es-tu ?

J'ai beau retourner les pierres, et les poches des morts, inspecter les bouches, les cratères bouillants, fouiller les puits, les tombeaux et les failles : peau de balle ! Mon insouciance, je le crains, ne se cache ni sous les pierres, ni dans les arbres, ni dans les poches pleines de poussière des squelettes ! Depuis que j'explore à bicyclette (afin justement d'en collecter tous les fragments) le champ de bataille qui me tient lieu de pensée, j'ai une seule question à poser : Mon insouciance, où es-tu ?

Sur la pente de l'indifférence, je veux me laisser glisser. Descendre. On sait jamais.

mardi 27 octobre 2009

Gloire à Momos !

Eurydice est ailleurs, à ses pieds le type même du bouffon à marotte et clochettes – demeure – sauf que maintenant il danse avec les Ménades d'octobre, hé hé !

La mélancolie aujourd'hui n'est plus l'opium du poète, c'est la gaieté au contraire.

Et si, pour sculpter l'ivoire, mon marteau et mon burin sont d'ivoire justement, c'est que tout d'abord j'avais pris ces vénérables instruments pour mon oeuvre !

samedi 24 octobre 2009

VANITAS.VOLVNTATIS

Les uns, par leurs actes, veulent me prouver qu'ils agissent mieux qu'ils ne subissent – en vain ! Les paroles des autres visent à me corriger, soumettre, rappeler à l'ordre ou inquiéter – en vain ! Je n'ai aucune foi en moi, aucune foi en l'Homme : sa lâcheté servile, son extraordinerte impuissance, chacun tente de la maquiller, de la travestir, de l'escamoter ; chacun prétend avoir librement choisi la vie moisie qu'il mène, bientôt !

vendredi 23 octobre 2009

J'entends le rire sonore de l'action

oui parce que le problème, jusqu'à présent, c'est pas tellement que j'arrivais à trouver du travail ou pas, le problème c'est que j'arrivais pas à en chercher, mais là ok j'ois le rire de Stentor de ma volonté de puissance, c'est sûr, elle croît, je la reconnais entre toutes sa joie scintillante, sa gaieté tonique, autrement dit : je finis d'écrire ce poème, je vais me coucher.

jeudi 22 octobre 2009

Little Baudelaire

Pygmalion, ce poète païen à genoux, invincible, ce bouffon solitaire, on dirait qu'il parle tout seul : « Où es-tu ma chère volonté de puissance ?... quand justement j'ai besoin de toi ! Arrive ! Trotte ! La récréation elle va bientôt retentir, ça va sonner mon pote !... » – Dans quoi il taille, ce qu'il réanime : sa langue de Galate n'est plus d'ivoire brut, bientôt, mais de chair crue, infinie, délicate.

samedi 17 octobre 2009

DE.PHOENICE.VTOPIAE


Sur le Phénix de l'Utopie


    On doit tout récrire tout repeindre à l'inouï absolument tout recréer. Je veux nous rendre plus courageux, plus résistants, plus simples, plus gais. Nos facultés occultes, radicales, qu'elles s'expriment ! Et que ça fume ! La culture moi je ne la vois pas changer seulement l'économie en profondeur, par Hercule ! Les artistes renaîtront prêtres, ducs d'un nouvel Âge d'or ! L'Art bref est l'avenir de l'Homme.

    OK j'accepte le faix irréel de vrai prophète, de maître-coq.

    J'entrevois un Paradis inédit, en travaux, à commencer par des fleuves à détourner (hein, pas des avions !) : tout ce putain de purin puritain à nettoyer ! Ailleurs, nous jetterons gaiement sur nos épaules, autour de notre cou comme une cape, un pull-over : la peau du Lion Dollar ; nous assécherons le marais de Lerne de la misère ; etc.

    Fac quod vis ! Et remplissons-en tout de suite justement les cales de nos caravelles ! Le poète est roi des Dipsodes oui ou merde ?... le poète à ras bord, ici, c'est moi !

jeudi 15 octobre 2009

TAEDIVM GENERIS HVMANI

Comme je ne cherche jamais à prendre de l'ascendant sur les autres, les salauds ils essaient toujours d'en profiter. Ce qu'ils ne savent pas, mais ce que les ignorants découvrent bientôt : je mords.

Oh ! Je nuis et je ne nuis pas une seconde à mon ennemi - je parle du genre humain -, la preuve : j'écris.