samedi 21 novembre 2009

Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays...

Mais si vous accomplissez une action au bénéfice de la société, cette dernière, le plus souvent, n'en tient aucun compte (Comment récompense-t-elle la civilité et le civisme en général ? – En ne punissant point !) ; mais si, à l'inverse, vous agissez à son détriment, vous n'échappez presque jamais au châtiment. Cette dissymétrie morale a même tendance à s'accentuer : dans le même temps qu'on poursuit tous les moindres écarts de conduite, on décourage la probité. L'automobiliste régulier, le client honnête sont ennuyeux ; seul le citoyen qui passe au feu orange (ou vole une pomme) mérite de l'attention : tout l'empressement officiel est pour lui. Les trains à l'heure, c'est bien connu, n'intéressent personne. Voyez justement tous ces voyageurs-fantômes qui présentent leurs titres de transport au contrôleur : ils se font bousculer et même piétiner par la police ferroviaire... occupée à traquer LE resquilleur sur un million. Un tel mépris de la vertu engendre bientôt la haine, non point du vice, mais de la vertu elle-même... Chacun finit par penser : « Décidément, cette société ne me regarde pas ! »

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